23/11/2009

Urgences

Posted in les récrés at 12:16 par Instit

Les surveillances de récréations font partie de notre métier, mais ce n’est vraiment pas pour cette partie que je suis entrée dans le métier. Pour être honnête, je pense que beaucoup d’enseignants sont dans le même cas que moi. Les répartitions des services de récré ressemblent d’ailleurs souvent à des négociations de paix, chacune vérifiant bien qu’elle n’en fait pas plus que les autres, et c’est limite si on ne fait pas appel à un huissier de justice… Pourquoi tant de réticence ? Parce qu’on nous demande de tout faire à la fois, et que ce n’est pas de tout repos.On doit rester planté en se pelant en hiver pendant que les petits courent comme des fous pour se réchauffer, se brûler en été. Avoir les yeux partout pour arrêter les bêtises, les conflits, ramasser les blessés de guerre, et effectuer aussi un tri d’urgence digne de ceux des hôpitaux entre les vrais blessés et ceux hurlant comme des cochons qu’on égorge parce qu’un copain les a touché et qu’ils ne veulent pas devenir loup.
Chaque instit a souvent ainsi sa stratégie pour discerner le cochon hurleur du vrai blessé.
Pour ma part, la première chose que je demande c’est :
- Où tu t’es fait mal ?
Quand la réponse ( très fréquente, si ! Si! ) est :
- « LA BAS !!!!!!! », c’est déjà signe d’une étiquette verte. Mais dans le doute, je vérifie toujours par la seconde question.
- « Non, sur toi, quelle partie de ton corps te fait mal ? Où as-tu mal ? »
- « Euh… » répond alors le cochon hurleur que la question rend perplexe car il ne sait plus.
C’est bon étiquette verte.

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