13/04/2009

Rencontre du troisième type épisode II

Posted in leur univers parallèle at 7:36 par Instit

Rappel de l’épisode précédent : jeune PE2 ayant encore la foi, je suis catapultée dans une classe de toute petite et petite section. J’ai passé, avant de prendre la classe en main, une journée d’observation dans laquelle j’ai appris que l’objectif pédagogique de leur maitresse était que le gnome arrive à remonter son slip ou sa culotte correctement et ce AVANT de remonter le pantalon. Pour ma part, j’ai planifié beaucoup de séances de langage, construites autour d’un projet, comme on me l’a demandé à l’iufm ( Institut Universitaire de Formation des Maitres ). Ces petits vont pouvoir parler aussi bien que Proust à la fin de mon stage, ça va pas faire un pli.
Je m’étonne moi-même comme je gère les tétards. Les deux passages aux toilettes d’avant la récré ne se déroulent pas trop mal même si je n’ai presque plus de voix à force de répéter : « Tu as fait pipi ? Montre moi ta culotte, d’accord, remonte la, montre ton pantalon, d’accord remonte le. Bravo ! » .
Et voilà, 10h tapantes, ma première surveillance de récréation. Je suis seule avec mon atsem pour surveiller deux classes. La cour semble grouiller de vermiceaux qui évoluent dans un monde où j’ai l’impression d’être une géante. Cette observation béate ne dure que peu. Dèjà les premiers hurlements se font entendre.
C’est une petite fille qui vient d’être poussée violemment du haut du toboggan pour nains et a atterri de toute sa lourdeur par terre, sur son popotin. L’atsem ayant l’habitude d’une telle situation emmène la gamine hurlante pour la consoler. Quant à moi, j’enfile mon costume de maitresse sévère et m’apprête à aller pour la première fois de ma carrière gronder un enfant. Le coupable est toujours debout en haut du tobbogan. Qu’à cela ne tienne, je m’approche de lui, et le dépasse toujours d’une tête ( le toboggan pour nains culminant à un mètre ), c’est parfait. Je prends ma voix et mon regard les plus sévères et commence mon laius:
-Mais dis donc ! Pourquoi tu as poussé ta copine ? Elle est tombée. Ca fait mal . Tu ne dois pas pousser les copains. » Je continue comme ça un moment mais quelque part, je sens que mon explication n’atteint pas vraiment son destinataire qui me regarde de façon de plus en plus perplexe. Je vois à sa tête que décidement, il ne comprend pas pourquoi je lui dit tout ça et commence même à voir apparaître une trace d’injustice sur son visage. Puis finalement, il explose :
-Mais… C’était pas ma copine !!!
-Hum…

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