04/04/2009

Rencontre du troisième type

Posted in leur univers parallèle at 8:18 par Instit

Le parcours d’un professeur des écoles se déroule de la façon suivante : après 3 ans de fac, l’année terrible du concours. Pour les heureux élus que nous sommes de l’avoir réussi, attend encore une année bien particulière, celle de PE2.
C’est le moment où nous avons la tête remplie de bonnes idées pour révolutionner la pédagogie et le cœur débordant de bonne volonté.
Notre année se divise entre des cours théoriques plus ou moins utilisés (comme partout selon les profs ) et des stages pratiques. Le principe consiste à nous catapulter dans n’importe quelle classe disponible , avec deux à trois semaines pour faire les preuves de nos capacités pédagogiques et de notre expérience (pourtant par définition inexistante) en tant qu’enseignante. Je me retrouve ainsi un lundi matin à observer la classe dans laquelle je vais devoir enseigner d’ici peu.C’est de la maternelle, une classe de Toute Petite ( 2ans en septembre ) et Petite Section ( 3 ans en septembre). Je découvre ainsi 28 tétards plutôt amorphes, dont une des activités principales de la journée est d’aller aux toilettes toutes les deux heures. L’instit m’explique ainsi à mon grand ahurissement, (j’avoue que c’était un sujet sur lequel je n’avais plutôt aucune envie de me pencher ) le problème. Les enfants sont supposés être propres pour pouvoir rentrer à l’école. A deux ans, ce n’est vraiment pas évident. Les parents leur enlèvent alors simplement les couches pendant l’école et clament en cas d’accident qu’ils sont pourtant propres à la maison. Le seul moyen d’éviter de changer un gamin par heure, est alors d’aller les planter sur les chiottes. Je dis planter parce que c’est quand même plutôt le mot qui convient. L’ATSEM ( l’aide-maternelle ) et la maitresse font un travail de déshabillage à la chaine. Pendant que 5 enfants sont assis sur le trône, 5 attendent leur tour pantalon déjà baissé. Les 5 premiers semblent vouloir y passer la journée. Je vois alors à mon grand désarroi la maitresse et l’atsem demander pratiquement à chacun : « Il est venu le pipi ? » avant de soulever l’enfant et de regarder directement le résultat dans la cuvette.
A la fin de la matinée, la maîtresse toute gentille me demande si j’avais des questions. J’avoue que la seule qui m’est venu à l’esprit à ce moment précis était « Qu’est-ce que je fous là ? »

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